Comme beaucoup d’entre vous, j’ai été confronté à la perte d’un animal ou d’un membre de ma famille. Souvent, on se retrouve seul pour affronter la situation, dans une société qui occulte la mort. Plus encore dans le cas d’un animal de compagnie, les autres ne comprennent pas forcément notre détresse, qu’on se sent d’ailleurs coupable d’afficher.
Le mot « deuil » est issu du latin dolus, dérivé de dolor : la douleur. Contrairement à l’anglais qui dispose de plusieurs mots pour désigner les différentes facettes du deuil, le français n’en dispose que d’un seul.
On peut distinguer cinq phases du deuil :
1- La phase du choc émotionnel ou le déni :
Cette phase se caractérise par la sidération devant la perte, puis l’incrédulité ou déni. C’est une protection de notre psychisme permettant de retarder les réponses affectives douloureuses.
2- L’état émotionnel douloureux :
Il peut intervenir après le choc. Il va souvent être associé à un besoin de trouver des raisons, des explications, un « coupable ». C’est un nouveau biais psychique qui permet de détourner la douleur en colère dirigée. Cependant la colère peut être retournée contre l’individu lui-même ; c’est alors la culpabilité.
3- La phase de recherche ou de fuite :
C’est la prise de conscience de l’aspect inéluctable de la perte A ce stade, il y a souvent ambivalence entre la « fuite » (refus de la réalité de la perte) ou le maintien du lien : la recherche, qui ne cessera jamais complètement. Il y a acceptation (ou non) de la réalité de la perte et adaptation. L’intensité de la souffrance va être investie ailleurs : dans le travail, le sport, ou les sorties… Il peut y avoir un surcroît immense de la douleur, car elle est alors conscientisée.
4- La phase de déstructuration :
Elle est potentiellement très douloureuse. C’est la prise de conscience de l’aspect irrémédiable de la perte, qui intervient généralement 3 à 8 mois après le décès. Cette phase coïncide souvent avec la fin du soutien de la part des proches. La colère – contre celui qui est parti ou contre soi –, la révolte peuvent émerger, ou la dépression, voire des symptômes divers, des maladies ou des envies suicidaires.
5- La phase de restructuration :
C’est l’acceptation de la vie sans l’autre, que les rituels et cérémonies peuvent favoriser. L’endeuillé entame une relation intérieure avec le défunt et se remet en mouvement. Cette phase a commencé, en filigrane, pendant toutes les autres phases.
Toutefois, certaines personnes peuvent restées bloquées dans une phase précédente: c’est le deuil « complexe » ou « pathologique ». En outre un deuil peut être « pluriel », c’est-à-dire qu’il peut en révéler un autre.
En tant que comportementaliste animalier, il me semblait important de pouvoir proposer un service d’accompagnement de fin de vie, notamment pour les personnes isolées. Ce service pourrait comprendre, selon les besoins des personnes : accompagnement de fin de vie chez le vétérinaire, solutions pour prise en charge du corps, travail du deuil, à l’aide de différentes techniques…
L’aspect financier n’étant pas le moteur de ce service, je propose une prise en charge à hauteur d’une séance d’éducation canine, soit 40 euros.
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