Connaissez-vous la « permanence de l’objet » ?

La permanence de l’objet est la capacité à comprendre qu’un objet, au sens le plus large, continue à exister même si le sujet ne le voit plus.

PIAGET en a défini le concept dans les années 1940. Elle est atteinte chez l’enfant humain à partir d’1 an et pleinement acquise à l’âge de 2 ans. Le chat est capable d’anticiper que sa proie qui s’est cachée va sans doute réapparaître. Il peut même attendre de longues minutes. Le chien aussi maîtrise la permanence de l’objet. Les expériences de GAGNON et DORE ont montré que lorsqu’on montre à un chien un jouet, qu’on place ensuite derrière un paravent, l’animal parvient à le retrouver, sans aucun indice olfactif1. Plus encore, un chercheur met un jouet dans une boîte sous le regard du chien, passe derrière un écran et retire le jouet de sa boîte, sans être vu du chien. L’expérimentateur montre alors la boîte vide. La majorité des chiens sont capables de contourner l’écran pour récupérer le jouet2. Chat et chien sont donc capables de calculer une position probable par rapport à une position initiale et à une trajectoire donnée, c’est-à-dire d’avoir des représentations et des opérations mentales relativement élaborées, consistant à conclure à partir d’une information indirecte sur un objet. Toutefois, dans l’expérience de GAGNON et DORE, si le chercheur ajoute un second écran, la capacité du chien à la permanence de l’objet semble beaucoup plus problématique. Le chercheur transporte la boîte derrière deux écrans ; le jouet est retiré derrière le premier écran, puis le chercheur passe derrière le second écran. Le chien se précipite alors derrière le second paravent, là où le jouet ne peut se trouver3.Il convient toutefois de nuancer ces conclusions : les chiens se tournent prioritairement vers l’humain en cas de problème. Or si un humain passe derrière le second écran c’est sûrement, du point de vue du chien, qu’il y a nécessairement quelque chose d’intéressant derrière cet écran ! Les chiens obtiennent d’ailleurs de meilleurs résultats dans le cas où ils sont moins influencés par la présence de l’humain. Le chat et le chien semblent bien comprendre la notion de « permanence de l’objet », mais sans doute d’une manière différente de la nôtre.

1 GAGNON et DORE, 1992, cité par GUILLO Dominique, Des chiens et des humains, éd. Le Pommier / Humensis, Paris, 2021, p.187.

2 GAGNON et DORE, 1992, cité par GUILLO Dominique, Des chiens et des humains, op. cit., p.188.

3 GAGNON et DORE, 1992, cité par GUILLO Dominique, Des chiens et des humains, op. cit., pp.187-188.

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