Beaucoup de clients m’appellent pour un problème précis qu’ils ont avec leur chien ou leur chat et semblent attendre des solutions toutes faites, prêtes à l’emploi, des « trucs », des « recettes ». C’est logique de leur point de vue. Néanmoins, les problèmes qu’ils rencontrent sont dus la plupart du temps à des « comportements adaptatifs » de leurs animaux. En effet, ceux-ci se sont adaptés comme ils ont pu à leur environnement, passé ou présent. Ce qu’ils expriment ne sont que les « symptômes » d’un « problème », d’un comportement déclencheur. C’est donc le « problème », le comportement déclencheur que le comportementaliste doit aller traquer. Il ne s’agit pas de soigner des symptômes ! En effet, un même symptôme, des aboiements intempestifs par exemple, peuvent avoir de multiples causes. C’est donc prendre le problème à l’envers ! C’est comme demander des « recettes » anti-fugue, par exemple, sans se demander pour quoi le chien fugue !
Le travail du comportementaliste s’attache à la systémie, dans le sens où il prend en compte la globalité et la structure des systèmes, ainsi que les processus en action. Il s’intéresse à la dynamique des phénomènes, à leurs influences réciproques. C’est pourquoi aussi ses connaissances doivent être pluridisciplinaires. C’est pourquoi encore, il portera une attention particulière, non seulement aux comportements mais aussi aux émotions et aux pensées, en s’ouvrant à l’autre et l’acceptant pleinement. Chaque élément influe sur un autre élément et sur le système dans son ensemble. C’est pourquoi, le problème ne peut être examiné en dehors de son contexte. Il intègre les relations et les influences. Ainsi, dans son fonctionnement systémique, le comportementaliste EPC (Etho Psycho Comportementaliste) étudiera le symptôme dans son contexte. Tout comportement sera ainsi considéré comme adaptatif, conséquence de ce qui se passe dans l’environnement de l’animal et des perceptions que celui-ci en a. Il sera considéré dans la globalité d’un système et dans la complexité des relations qui le conditionnent dans le temps présent ; toutes les parties présentes, toutes les composantes du système seront donc prises en compte dans la restauration des liens. Son rôle est de supprimer le comportement déclencheur, à l’origine du comportement adaptatif de l’animal et indésirable pour l’humain, en modifiant l’environnement de l’animal.
Le comportementaliste EPC possède avant tout avoir une approche pluridisciplinaire. Il s’intéresse évidemment à l’éthologie, à la physiologie et à la psychologie animale. Ses connaissances en ces domaines doivent lui permettre de comprendre le monde de l’animal, son développement, de l’expliquer à son client, d’évaluer et d’expliquer les comportements et activités de l’animal, le respect des critères sociaux, la nature et les incidences de la relation humain-animal. Il maîtrisera également les techniques d’apprentissage à mettre en place vis-à-vis de l’animal.
Il accorde en outre une part prépondérante à la psychologie humaine. Comportementaliste est en effet un métier d’accompagnement plus que de conseil. Le praticien met en œuvre le changement et accompagne son client, sans rien lui imposer. Le comportementaliste se situe dans une relation d’aide. Appelé à résoudre des « problèmes comportementaux » animaliers, il doit faire en sorte de faire prendre conscience au client de la nature réelle du problème et de son influence sur son animal comme sur les autres membres de la famille. C’est cette prise de conscience qui, en mettant en route, par le client ou la famille en entier, les techniques appropriées sous l’égide du comportementaliste, ouvrira la voie aux améliorations et au changement. Son rôle est d’apprendre au maître à changer pour avoir des comportements adaptés avec son animal et de (r)établir une relation saine. C’est le client qui mettra en œuvre le changement effectif. Le changement devra être « écologique », c’est-à-dire respecter l’équilibre de la personne, des membres du groupe, familial et interspécifique. Ainsi une relation saine pourra être rétablie avec l’animal.
En définitive, on peut donc comprendre qu’un comportementaliste ne se limite pas à distiller des « trucs » qui vont remettre l’animal « sur le droit chemin » !
Je suis comportementaliste canin et félin et éducateur canin dans le Loir-et-Cher (41). J’accompagne les propriétaires de chiens et de chats à Vendôme, Blois, Montoire et dans le département, et au-delà.
© Benoît Feltesse, 2026. Tous droits réservés. Toute utilisation ou reproduction, totale ou partielle, interdite sans accord de l’auteur. Articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle