« L’enquête Hitch » ou comment j’ai retrouvé mon chat grâce à l’I.A. (ou pas…)

Cet article relate comment j’ai fait pour retrouver mon chat disparu, en utilisant l’intelligence artificielle.

Jeudi 12 février 2026.

Fin de passage de la tempête Nils. Météo France annonce une vigilance météo pour la journée jusqu’à 15 h. J’hésite un peu, mais le vent ne souffle pas énormément. Mon chat désire sortir, je le laisse faire. Ne faites pas la même erreur que moi en cas de vigilance météo ! A 14 h 20, je prends la voiture pour partir à un rendez-vous. Je vois mon chat qui sort par sa chatière. Il me jette un regard, avant de partir dans le jardin, exposé au sud. Je sors de mon rendez-vous. Avant de rentrer, je fais une course. Il est 15 h, une bourrasque de vent se met soudainement à souffler, suivie d’une ondée. J’ai aussitôt une pensée inquiète pour Hitch. Il est passé 15 h 30 quand je rentre chez moi. J’entends une très inhabituelle agitation d’oiseaux côté sud du jardin. J’ai alors un mauvais pressentiment. Jusqu’à 17 h, heure habituelle de son retour, je ne m’inquiète pourtant pas trop. Cependant, l’inquiétude grandit peu à peu. Et à 18 h, son absence me semble anormale. J’entame alors une première ronde en voiture, afin de vérifier qu’il ne se soit pas fait écraser, puis une ronde à pied dans le quartier. Pas rentré de la nuit. Mon inquiétude est à son comble. Il avait déjà pu passer une nuit dehors, mais toujours en été. Quelque chose lui est arrivé. Mais je ne sais pas quoi. Le lendemain je suis profondément inquiet, mais j’essaie d’effectuer ma journée de travail tant bien que mal. Dès le samedi, je fais le tour du quartier, en demandant au voisinage si quelqu’un ne l’aurait pas enfermé quelque part, dans une cabane de jardin, par exemple, dans laquelle il aurait pu se réfugier. Je sonne à toutes les portes et dépose un courrier demandant aux personnes de vérifier leurs caves, garages, cabanes de jardin… Je continue en imprimant et en mettant des affiches dans tout le quartier, puis aux alentours. J’appelle mon chat aussi le soir de chez moi, mais sans méthode réelle. Je pars aussi le chercher dans les secteurs sud et nord, jusqu’aux limites où je pense qu’il aurait pu se perdre. Je l’appelle, tout en me disant que je l’éloigne peut-être encore en agissant ainsi. J’élimine inconsciemment les secteurs est et ouest, car il y a énormément de circulation, alors que Hitch avait l’habitude de traverser en ligne droite les jardins du nord au sud. Je manque cruellement de méthode, ne sachant pas non plus ce qui lui est arrivé précisément. En désespoir de cause et ne voulant rien négliger, je fais même appel – pour mon plus grand malheur ! – à une praticienne en communication animale intuitive, qui m’annonce la mort de mon chat ! J’ai relaté cette expérience dans un article précédent. Suite à mes nombreuses annonces postées sur différents groupes Facebook, quelqu’un m’envoie un protocole pour appeler mon chat de chez moi, ce que je faisais déjà, mais sans réelle méthode. Je recommence donc à l’appeler avec ce protocole à partir du mercredi. Je crains qu’il soit parti loin ; cela fait presque une semaine. J’appelle alors fort, de peur qu’il se soit perdu et qu’il ait parcouru une longue distance. Dans le même temps, je continue mes recherches dans la journée. De mon voisinage proche, j’étends progressivement l’affichage aux secteurs périphériques, tout en remettant les affiches enlevées méticuleusement par les services de la mairie… Ceci me vaudra quelques péripéties, comme quelques appels malveillants… Mais la plupart du temps, les gens sont empathiques et essaient de bien faire. Bientôt, je suis appelé un peu plus au nord. Quelqu’un assurerait avoir vu mon chat passer dans un parc. Après plusieurs recherches là-bas, j’aperçois le chat en question… Ce n’est pas le mien. Puis on m’appelle par deux fois secteur ouest, puis secteur est. Malheureusement toujours pas de piste tangible.

Je décide de m’aider de l’I.A. pour essayer de comprendre ce qui a pu arriver à Hitch. J’essaie d’établir des calculs de probabilités entre le fait qu’il soit enfermé quelque part, ou alors terré, un chat apeuré pouvant rester jusqu’à 7 jours sans bouger ni miauler, même si on passe à quelques centimètres ; c’est un réflexe de survie. Ou alors, effrayé par le coup de vent, il a pu fuir droit devant lui, puis se perdre et se réfugier dans un coin. Après, un accident restait toujours possible. Ayant fait un deuxième tour du voisinage afin d’éliminer les deux premiers hypothèses. Je me concentre sur celle semblant désormais la plus vraisemblable : qu’il se soit égaré quelque part après avoir fui lors du coup de vent, en espérant qu’il ne soit pas parti trop loin ! De plus, cela pourrait coïncider avec le seul indice à ma disposition : la grande agitation des oiseaux sur le coup de 15 h 30 dans la zone où aurait pu fuir mon chat. Je demande à l’I.A. quelle était la direction du vent soufflant à Vendôme le jeudi 12 à 15 h et quel est le sens de fuite d’un chat face au vent. Elle retient alors la direction sud comme sens de fuite la plus probable et la direction est comme possibilité secondaire. Je suis déjà allé jusqu’à la limite sud, je décide donc d’explorer le secteur est. Malheureusement l’I.A. est fort limitée au niveau cartographique ; ce n’est qu’un logiciel, élaboré, de conversation ; il ne possède pas de plan de ville intégré. Je parviens néanmoins à trouver les lieux isolés qu’il m’a donnés comme limites du secteur : une zone de friche et le cimetière. Je pars les explorer car ils me semblent des lieux propres à servir de refuge à un chat, même si là encore je mesure toute la difficulté pour le trouver s’il y est. Bien sûr je fais encore chou blanc. Je décide alors de me recentrer et de reprendre des recherches avec cohérence et logique. Je peaufine mes recherches vers le secteur sud, en m’aidant de l’I.A. afin d’obtenir un protocole de recherches des plus cohérents et en évitant de renouveler certaines erreurs. Je décide de le suivre scrupuleusement pour être plus logique et surtout pour moins me disperser. Pendant trois jours j’explore de manière méticuleuse le secteur sud, en appelant régulièrement, à l’aller comme au retour, mais toujours dans le sens de la maison et j’explore méticuleusement les endroits où il pourrait être caché. Rien. Dans le même temps, j’étudie l’endroit où il aurait pu partir du jardin, les jardins et les rues qu’il aurait pu traverser, les trajectoires les plus probables… Je constate ainsi que pour aller vers le sud, il a forcément dû traverser une rue passante. Pour aller vers le sud, il aurait dû obliquer un peu vers la gauche avant de prendre un chemin vers le sud. Sinon il se serait heurté vraisemblablement à des murs qui l’auraient sans doute obligé à obliquer vers l’ouest et traverser une autre rue très passante, et que j’avais pour cette raison totalement occultée de mes recherches. En remontant du secteur sud, je croise quelqu’un qui travaille dans le secteur. Je lui montre une affiche avec la photo de Hitch. Il m’assure l’avoir vu le jour de la tempête traverser la rue et se diriger vers l’ouest. Peut-être la première piste concrète ! Et qui me confirme mon impression.

Je finis mon 3e jour d’exploration du secteur sud, mais me concentre déjà vers l’ouest. Une amie colle des affiches dans le quartier, alors que je fais le tour en déposant des courriers dans les boîtes aux lettres. Le lendemain, je décide d’explorer le secteur ouest, mais en adaptant un peu le protocole suivi précédemment. D’abord, en partant du principe qu’un chat même perdu ne s’éloigne guère à plus de 300 mètres de son territoire, comme me le confirme Jessica SERRA, l’une des plus grandes spécialistes des chats en France, contactée sur un réseau social alors que je commençais à désespérer. Je trace sur un site cartographique un rayon à partir de mon domicile, que j’étends au plus large à 1 km. Puis j’attends la fin d’après-midi et pars jusqu’à 1 km à l’ouest en appelant très doucement, tout en regardant, rapidement, les endroits où il aurait pu être caché. Surtout, je concentre mes efforts sur le retour à l’appeler tous les 50 mètres environ, assez fort, mais pas trop non plus, et toujours en direction de la maison, en utilisant la même phrase, tout en veillant à m’éloigner un peu de la rue à cause du bruit des voitures. J’arpente aussi toutes les rues parallèles.

La nuit tombée, il est 19 h 30 environ, je fais une première série d’appels. Je commence aussi à être plus cohérent de ce côté et à adapter un peu le protocole, pour aménager des temps de silence afin de ne pas trop le stresser : appel de 20 secondes environ, 3 minutes de silence, puis deux autres séries d’appel, avant 35 minutes de silence total. Je commence côté sud. A 20 h 30, j’entame à peine ma deuxième série d’appels côté ouest, prêt à faire toutes les directions… J’entends une série de miaulements provenant du jardin d’à côté, à l’ouest. Et bientôt, je vois mon chat derrière moi. Il est passé par la chatière que j’avais attachée afin qu’elle reste ouverte pour qu’il n’ait pas peur de rentrer : Hitch est là, devant moi ! Enfin ! Après plus de 13 jours d’absence. Sans doute le plus beau jour de ma vie. Je suis tellement fier de moi, de n’avoir rien lâché, malgré les moments de découragement. Tellement fier de lui aussi. Il est en bonne santé, malgré ses 700 g de perdu dans l’aventure. Je souhaite le même bonheur à tous ceux qui perdent leur chat. Ne renoncez pas !

Décidément, Hitch est bien le maître du suspens !

© Benoît Feltesse, 2026. Tous droits réservés. Toute utilisation ou reproduction, totale ou partielle, du texte et de la photographie de cet article, interdite sans accord de l’auteur. Articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

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