Chiens catégorisés : dangereux ou incompris ?

Les chiens catégorisés sont considérés comme des chiens susceptibles d’être dangereux, pour les humains comme pour les autres animaux et ainsi classés en deux catégories, selon leurs caractéristiques morphologiques (articles L 211-11 et 12 du Code rural et de la pêche maritime).

Chiens de catégorie 1 ou « chiens d’attaque »

Ne sont pas inscrits au LOF.

– Les chiens de type American Stafordshire terrier (ex Stafordshire terrier) ou « Pitbulls »

– les chiens de type Mastiff ou « Boerbulls »

– les chiens de type Tosa

Légalement, toute acquisition, cession (onéreuse ou gratuite), introduction ou importation sur le sol français est interdite et passible de 6 mois d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende (article L 215-2 du Code rural et de la pêche maritime).

Le but de cette loi est clairement de limiter le nombre de chiens de cette catégorie.

Chiens de catégorie 2 ou « chiens de défense »

Obligatoirement LOF

– American Stafordshire terrier

– Rottweiler

– Tosa

Un chien de race doit être inscrit à un livre généalogique reconnu par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et avoir un pedigree. Pour vérifier l’appartenance à une race, il faut contacter la Société Centrale Canine. Vous pouvez aussi vous renseigner auprès de votre vétérinaire, de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) ou la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP).

Les obligations des propriétaires de chiens catégorisés

Depuis le 1er janvier 2010, tout détenteur d’un chien de première ou de deuxième catégorie doit passer un permis de détention. Pour l’obtenir dans la mairie de sa résidence, le propriétaire doit :

– posséder une attestation d’aptitude. Pour cela le propriétaire de l’animal doit passer 7 h de formation auprès d’un formateur agréé par la préfecture, afin de posséder les bases en éducation en en comportement canin, ainsi que sur la prévention des accidents. Malheureusement aucun programme n’est pourtant imposé et il n’y a pas de réel contrôle.

– faire passer à son chien, entre 8 mois et 1 an, une évaluation comportementale par un vétérinaire agréé par la préfecture. En dessous de 8 mois, un permis de détention provisoire est délivré. Elle est à renouveler, selon le niveau de dangerosité de l’animal, tous les ans, tous les 2 ans ou tous les 3 ans.

– posséder les documents d’identification, de vaccination (notamment le vaccin contre la rage, obligatoire), le certificat de stérilisation pour les chiens de 1ère catégorie, l’attestation spécifique de responsabilité civile et la déclaration en mairie.

L’absence d’un permis de détention peut conduire à 3 mois d’emprisonnement et à 3 750 euros d’amende. Certaines personnes ne sont pas autorisées à détenir des chiens catégorisés : les mineurs, les majeurs sous tutelle (sauf autorisation du juge des tutelles), les personnes condamnées (crime ou peine d’emprisonnement pour délit inscrit au bulletin n°2), les personnes auxquelles on a retiré le droit de possession ou de garde d’un chien.

Les restrictions

RestrictionsChiens de catégorie 1Chiens de catégorie 2
Acquisitioninterditautorisé
Muselièreobligatoireobligatoire
Cession (à titre onéreux ou gratuit)interditautorisé avec certificat vétérinaire mentionnant la catégorie du chien
Importation ou introduction sur le territoire françaisinterditautorisé
Accès aux lieux publics, transports en commun et locaux ouverts au publicinterditautorisé si le chien est muselé et tenu en laisse par une personne majeure
Accès à la voie publique et aux parties communes des immeubles collectifsautorisé si le chien est muselé et tenu en laisse par une personne majeureautorisé si le chien est muselé et tenu en laisse par une personne majeure
Voyage en avioninterditautorisé (sur les vols Air France et les vols de fret)

L’origine de la loi

En 1999, une loi a vu le jour pour encadrer la détention des chiens dits « dangereux ». Elle a été renforcée en 2008 suite à la « survenance régulière d’accidents graves, parfois mortels, notamment vis-à-vis d’enfants, causés le plus souvent par des chiens dits “d’attaque ou de défense” », selon le porte-parole du gouvernement de l’époque. Ces chiens sont souvent utilisés dans des activités illégales, souvent issus de provenances douteuses et ne remplissent souvent pas les normes sanitaires, notamment en matière de vaccination et d’identification.

Les paradoxes de la loi

Ces chiens ont été sélectionnés par l’homme pour en faire à l’origine des chiens de combat. Ce sont des chiens typés, sélectionnés pour assurer la protection et la défense des humains. Ils peuvent ne pas convenir à tout le monde. Cependant, tous les chiens sont susceptibles d’être dangereux, peu importe la race. Ce qui importe surtout ce sont les conditions d’élevage, de sociabilisation et de vie en famille. Si un propriétaire ne sait pas s’adapter au tempérament fort d’un chien, s’il ne sait pas poser de limites bien définies, le chien pourra passer à l’acte, quelle que soit la race. Ainsi les chiens catégorisés sont victimes de préjugés infondés, que le port obligatoire de la muselière dans les lieux publics ne fait que renforcer, car elle fait souvent peur et par là-même contribue à la désocialisation des chiens catégorisés. A Sanary-sur-Mer, un arrêté municipal, pris en 2006, autorise les chiens catégorisés sur la voie publique de 21 h à 8 h… à plus de 100 mètres des habitations, locaux scolaires, locaux ouverts aux publics et lieux publics !… Une bien belle leçon de tolérance !

e suis comportementaliste canin et félin et éducateur canin dans le Loir-et-Cher (41). J’accompagne les propriétaires de chiens et de chats à Vendôme, Blois, Montoire et dans le département, et au-delà.

© Benoît Feltesse, 2026. Tous droits réservés. Toute utilisation ou reproduction, totale ou partielle, interdite sans accord de l’auteur. Articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle

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