L’activité masticatoire est une activité essentielle pour l’équilibre du chien ; elle lui permet notamment de se détendre. Je constate, dans mon activité dans le Loir-et-Cher, que souvent ce besoin est sous-estimé. Il est pourtant indispensable pour prévenir le stress, les destructions, les troubles alimentaires ou encore certains comportements agressifs.
La mastication comme source de santé bucco-dentaire
La mastication joue un rôle majeur dans la santé dentaire du chien. Elle diminue les risques de maladies parodontales, la plaque dentaire, la prolifération bactérienne en stimulant la salivation, laquelle neutralise l’acidité buccale. En revanche elle augmente les bactéries bénéfiques et améliore le microbiote buccal.
La mastication comme régulateur du stress
La mastication active le système nerveux parasympathique, responsable de l’apaisement et de la récupération. Le chien va libérer des endorphines ou hormones de l’apaisement. Elle agit donc comme un auto-régulateur du système nerveux. Elle réduit le stress, contribue à la régulation émotionnelle et au retour au calme après une excitation ou une frustration. Elle contribue ainsi au maintien de la santé psychologique de l’animal. Un chien qui mâche régulièrement est souvent plus détendu, moins destructeur et moins réactif. Un chien privé de mastication peut au contraire développer des comportements adaptatifs : léchage compulsif, ingestion d’objets, destructions, hyperactivité…
Quels objets masticatoires choisir ?
Les préférences du chien vont vers l’odeur, le goût et la texture. Il convient de faire attention à la dureté de l’objet : trop dur, il y a un risque de fracture dentaire ; trop mou, l’objet présentera peu d’intérêt pour le chien. De même, la composition de l’objet est à prendre en considération : certains objets non alimentaires peuvent présenter un risque pour le tube digestif.
Les friandises naturelles séchées sont normalement les plus saines et les plus digestes :
– les produits 100 % naturels, à longévité longue : bois de cerf (attention à la dureté), bois de daim (moins dur, préférable pour un chiot), cornes de buffle ou de mouton (massent les gencives, très odorantes), racines de bruyère , bois d’olivier ou de caféier, fromage de yak (quand le morceau devient trop petit et risque d’être ingéré, vous pouvez le passer au micro-ondes pour le souffler et qu’il devienne facile à manger).
–les mastications séchées et digestes : Ce sont des tissus animaux (cartilages, muscles, peau) déshydratés. Ils ramollissent au contact de la salive et peuvent être ingérés : oreilles de cochon, de bœuf, de lapin, nerfs ou tendon de bœuf, trachées de bœuf, peau de tête de bœuf
Les jouets en caoutchouc pour mastication, de type Kong, pouvant être fourrés de nourriture (croquettes réhydratées, pâtée, fromage frais), que vous pouvez placer au congélateur pendant 4 heures. (Kong « puppy » pour chiots).
Pour les chiens destructeurs ou anxieux, les bois de cerf, racines de bruyère, fromages durcis type « yak », ou jouets en caoutchouc naturel sont souvent très efficaces. Pour les chiots, privilégiez des textures souples pour éviter les douleurs dentaires.
Eviter la peau de buffle (rawhide) qui présente des risques importants.
Toujours surveiller la première fois et retirer les éléments assez petits pour être ingérés.
La mastication problématique
Une mastication excessive, frénétique ou dirigée vers des objets dangereux peut révéler une douleur ou un inconfort ou un problème d’ordre comportemental (besoins physiologiques non satisfaits, stress…). Une consultation vétérinaire préalable est alors fortement recommandée, avant d’envisager un bilan comportemental.
La mastication est donc un besoin fondamental, au même titre que l’activité physique ou intellectuelle, l’exploration, le jeu. Elle influence donc directement la santé physique et psychologique de l’animal.
Je suis comportementaliste canin et félin et éducateur canin dans le Loir-et-Cher (41). J’accompagne les propriétaires de chiens et de chats à Vendôme, Blois, Montoire et dans le département, et au-delà.
© Benoît Feltesse, 2026. Tous droits réservés. Toute utilisation ou reproduction, totale ou partielle, interdite sans accord de l’auteur. Articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle